Histoire de Béthisy Saint Martin

Le territoire de la commune est traversé par la vallée d'Automne. Il comprend au sud une partie de la plaine que l'on appelait, autrefois, le Longmont.
Les pentes de la vallée sont divisées par deux ravins, l'un descendant du nord vers le village et l'autre arrivant du Longmont sur la limite occidentale, vis à vis de Béthisy Saint Pierre.

Dans ce bourg, situé des deux côtés de la rivière, la rue principale longue de onze cents mètres est la Chaussée Brunehaut (voie romaine qui reliait Soissons à Senlis). Don Grenier, historiographe de Picardie, assure que les Romains avaient construit, en ce lieu, un pont pour franchir l'Automne. Il ne reste aucune preuve de cette assertion qui reste plausible. L'origine de l'agglomération est certainement très ancienne .


Le jeu d'arc

L'histoire de ce village est intimement liée à celle de Béthisy Saint Pierre dont les établissements militaires et ecclésiastiques eurent une grande importance dès le XI ème siècle.

La Rue, La Praie et La Mothe forment trois écarts à l'est de Saint Martin, dans la vallée d'Automne. Saint Lazare, autre écart au nord-ouest, dans la cavée de Champlieu, représente une maladrerie dont la chapelle a longtemps survécu à la destruction de l'établissement. Un autre écart au-dessus du village, à l'extrémité du mont Béthisoy, est celui de la ferme de Sainte Luce ou Sainte Lucie. Les titres de l'abbaye de Chaalis nous apprennent que l'abbé Milon en vendit le domaine en 1227 à Guérin, évêque de Senlis. C'était alors un château bâti vers 1205 par Guy de Béthisy, avec une chapelle qui a subsisté jusqu'au XVII ème siècle et qui jouissait d'un revenu considérable.

Au-dessous de Sainte Luce, dans le ravin qui descend du Longmont, était la ferme de Puisières. A noter que ce lieu porta, successivement, les noms de Puisiers, Puisiers-les-Béthisy, Puisez, le Grand-Puiseulx-les-Béthisi et Puisieux. Ancien château appartenant à Renaud de Béthisy avec une chapellenie fondée en 1220 sous le titre de Saint Jean. Ce fief était possédé en 1461 par Gilles de Rouvroy de Saint Simon, qui en fit don à Marie sa fille naturelle. Le manoir fut reconstruit sous Louis XIII pour, finalement, être démoli en 1837.

Une seule maison du Plessis-Châtelain dépend de la commune de Béthisy Saint Martin. Les autres étant sur celle de Néry.
On appelle 'Berlette', une maison située à la limite orientale du territoire, proche d'Orrouy.
Enfin, il convient de signaler, au XVI ème siècle, le pèlerinage à Saint Blaise pour la guérison des maux de gorge.

L'église de Béthisy Saint Martin

Bâtie vers 1140 au pied du versant méridional de la vallée d'Automne, près de l'ancienne chaussée Brunehaut,'église est classée parmi les monuments historiques depuis 1931.


Descriptif :

L'édifice a 32 mètres de long, dont les deux tiers pour la nef, et 15 mètres de largeur totale.
De la construction d'origine, ne subsistent que la nef basilicale de quatre travées et le clocher assis à l'extrémité du collatéral sud.

Façade :

La façade présente deux pignons, l'un tronqué, garni de crochets, percé d'une large fenêtre ogive simple de l'époque tertiaire, l'autre ayant un portail à deux rentrants avec colonnettes et moulures du commencement du XIII ème siècle;

cette entrée est précédée d'un porche soutenu par deux colonnes massives.

Nef :

La nef est moderne et lambrissée à l'intérieur. Les arcades sont en plein cintres, sauf à la première travée.
Ces arcades retombent sur des piles rectangulaires à dosseret en saillie vers le bas-côté. Ce qui a pour effet de rigidifier le mur gouttereau.

Les fenêtres en sont aujourd'hui aveuglées. A la seconde travée, le petit portail montre, à droite, une chauve-souris sculptée à la retombée de l'archivolte. La travée centrale montre une voûte ogive à nervures formées de trois boudins reliés par des cordons de violettes. Les chapelles latérales sont du même temps que la galerie de gauche.

Latéraux

Le latéral droit a été reconstruit en 1811; le gauche est voûté à nervures croisées et écussons dans le goût du XV ème siècle.
Les latéraux, modernes en partie, cachent les anciennes petites fenêtres romanes de la nef. Il y a au nord une porte ogive à moulures subaiguës appuyant sur des fûts grêles garnis de petits chapiteaux à double rangs de feuilles découpées; le tympan figure une ogive trilobée. Au-dessus est pratiquée une fenêtre triangulaire curviligne inscrivant six roses festonnées. Trois autres fenêtres en ogive géminées sont pourvues de roses à moulures anguleuses.
Enfin, peu avant 1500, le bas-côté nord est voûté ou revoûté.

Chœur

Le choeur est terminé par trois pignons avec autant de fenêtres, une ogive bipartite avec rose à quatre festons, une intermédiaire bouchée, une troisième à têtes tréflées du XV ème siècle. Au cours de la seconde moitié du XIII ème siècle, l'église bénéficia d'un nouveau choeur à chevet plat flanqué d'une chapelle au sud et d'un croisillon au nord.

Clocher :

Le clocher, posé à côté du choeur, appartient à l'époque de la transition (aux alentours de 1150); c'est une tour carrée à deux ordres de fenêtres romanes, les inférieures ornées de dents de scie, les supérieures accolées et sous-divisées par des colonnettes intermédiaires; les chapiteaux sont plats, garnis de feuilles et de têtes monstrueuses; la corniche supérieure a des modillons plats aussi, à dessins variés. Le tout est surmonté d'une pyramide octogone, courte à jours rectangulaires, et à bourrelets angulaires terminés par des têtes; des clochetons occupent les quatre angles de la base.

Ce clocher s'apparente à ceux de Saintines et de Saint Vaast de Longmont, comptant ainsi dans les plus belles tours romanes de la région.